Discutons de votre problématique
Réserver un appel diagnostic, ou m’écrire d’abord si vous préférez poser les choses par écrit. Dans les deux cas, c’est moi qui vous lis et qui vous réponds.

Votre futur associé vous parle de « pacte d'actionnaires », votre expert-comptable de « pacte d'associés ». Vous vous demandez s'il en faut deux, ou lequel choisir.
La réponse courte : c'est le même contrat. La réponse utile : ce que ce contrat peut faire dépend de la forme de votre société et de ce que disent vos statuts. C'est là que la plupart des rédactions se trompent.
Un pacte est une convention signée entre tout ou partie des associés, en marge des statuts. Il organise leurs rapports : qui décide quoi, qui peut entrer, qui peut sortir, à quel prix.
Aucun texte ne définit le « pacte d'associés » ni le « pacte d'actionnaires ». L'un comme l'autre relèvent du droit commun des contrats, c'est-à-dire du Code civil. Même nature, même force, mêmes limites.
La différence est une affaire de vocabulaire. On détient des actions dans une SA, une SAS ou une SCA : on parle volontiers d'actionnaires. On détient des parts sociales dans une SARL, une SNC ou une société civile : on parle d'associés.
Le titre du document n'a aucune portée juridique. Un pacte d'actionnaires signé dans une SARL vaut pacte d'associés, et inversement. Ce qui compte, c'est ce qu'il contient et la façon dont il s'articule avec les statuts.
La question utile n'est pas « pacte d'associés ou pacte d'actionnaires ? » mais « statuts ou pacte ? ». Les deux documents n'ont ni le même public, ni la même force.
Le deuxième point est le plus souvent oublié. L'article 1199 du Code civil le dit sans détour : « Le contrat ne crée d'obligations qu'entre les parties. » Un investisseur ou un nouvel associé qui n'a pas signé le pacte n'est tenu par aucune de ses clauses. D'où l'importance d'une clause d'adhésion, qui subordonne toute entrée au capital à la signature du pacte.
Un bon pacte ne reprend pas les statuts. Il traite ce qu'ils ne peuvent pas porter sans devenir publics ou rigides.
C'est le talon d'Achille du pacte. Un associé vend ses titres à un tiers sans respecter votre droit de préemption prévu au seul pacte : en principe, la vente n'est pas annulée. Vous obtenez des dommages-intérêts, pas les titres.
Le Code civil, réformé en 2016, offre deux prises supplémentaires.
Les mécanismes vraiment structurants gagnent à figurer aussi dans les statuts. En SAS, l'article L. 227-14 du Code de commerce prévoit que « les statuts peuvent soumettre toute cession d'actions à l'agrément préalable de la société ». En SARL, c'est la loi elle-même qui soumet la cession de parts à un tiers au consentement de la majorité des associés représentant au moins la moitié des parts sociales (article L. 223-14).
La répartition qui fonctionne : le verrou dans les statuts, le détail — prix, cas, délais — dans le pacte.
C'est le seul cas où un pacte d'actionnaires obéit à une règle propre. L'article L. 233-11 du Code de commerce impose de transmettre à la société et à l'Autorité des marchés financiers, dans les cinq jours de bourse, toute clause prévoyant des conditions préférentielles de cession ou d'acquisition d'actions cotées sur un marché réglementé et portant sur au moins 0,5 % du capital ou des droits de vote. À défaut, ses effets sont suspendus en période d'offre publique.
Pour une PME, un studio ou une start-up non cotée, cette obligation ne s'applique pas. Le pacte reste un document privé.
Oui, dès que vous êtes au moins deux et que l'un de vous peut partir, céder ses titres ou faire entrer un investisseur. Des statuts peuvent tout prévoir, mais au prix de la publicité et de la rigidité : chaque ajustement passe par une décision collective et un dépôt au greffe.
Le bon moment pour rédiger un pacte, c'est avant la signature des statuts ou avant l'entrée d'un nouvel associé. Après, chaque clause se négocie sur un rapport de force déjà installé. C'est ce que je vois le plus souvent dans les conflits entre associés : un désaccord que personne n'avait anticipé par écrit.
Pour aller plus loin : S'associer : sécuriser le pacte d'associés · La clause de good leaver et de bad leaver
Réservez un appel diagnostic pour relire votre pacte ou préparer celui de votre future association.
Réserver un appel diagnostic, ou m’écrire d’abord si vous préférez poser les choses par écrit. Dans les deux cas, c’est moi qui vous lis et qui vous réponds.